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Au xve siècle, le « tour de France » des compagnons
est bien distinct de la Franc-maçonnerie spéculative, même si
celle-ci emprunte quelques usages en vigueur au sein de la
maçonnerie opérative.
Fin
xive et début
xve siècles,
les manuscrits Régius et Cook décrivent les statuts des maçons de
métier.
La fin du
xvie siècle signe les prémisses de la
Franc-maçonnerie spéculative (période de la maçonnerie
d’acceptation). Un groupe de maçons de différents grades se réunit
en lodge, fixée dans une ville.
Au
xviie siècle, la notion de « Grand Architecte »
est la référence commune à tous les maçons de tradition, qu’ils
soient spéculatifs ou opératifs. Ce principe supérieur transcende et
fédère toutes les religions, il est la reliance humaine.
En 1619-1620 apparaissent des personnes
étrangères au métier dans des Loges d’« acception », ces Loges ayant
souvent un statut occasionnel. En 1670, en Écosse à Aberdeen, les
maçons opératifs sont devenus minoritaires.
Au
xviiie siècle, les Loges se multiplient, tant en
France qu’en Angleterre, accueillant des hommes instruits,
d’origines et d’opinions différentes, qui recherchent la vérité et
pratiquent la bienfaisance et l’amour fraternel.
En 1717, quatre Loges se réunissent pour
constituer la première Obédience : la Grande Loge de Londres.
Les Constitutions d’Anderson (Anderson
et Désaguliers, 1723), calquées en partie sur les Old Charges,
anciennes constitutions de métier, prônent le déisme et l’esprit des
Lumières. Fondées sur les principes de liberté de conscience et de
tolérance, elles sont un espoir de transformation de l’humain et
d’évolution de la société. Ces Constitutions sont pour l’époque très
progressistes, hormis qu’elles ignorent les femmes.
La maçonnerie dite « d’adoption » voit
le jour sous l’ancien Régime, reconnaissant aux femmes le droit
d’être initées et développant des Loges féminines, mais elles sont
considérées comme une maçonnerie « par procuration ». Il faudra
attendre l’influence militante de Louise Michel, Flora Tristan et
Maria Deraismes pour voir apparaître une maçonnerie intégrant la
femme à part entière.
À la fin du
xixe siècle
naît la Franc-maçonnerie mixte, à l’initiative de Maria Deraismes et
Georges Martin. À Paris est créé le premier Atelier mixte en 1893.
Partie de France, cette mixité s’étend en Europe puis dans le monde
entier.
La Franc-maçonnerie n’a pas vécu le
xxe siècle
dans une quiétude totale. Elle a été traversée comme la plupart de
l’humanité par des bouleversements. La seconde guerre mondiale ne
fut pas propice à la maçonnerie française, les événements
dispersèrent les uns et les autres, certains furent déportés et
d’autres s’illustrèrent dans la Résistance.
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